Créations et lectures

Image aléatoire

Les créations
Le profil de pierre d’après Morts sans sépulture de Jean Paul Sartre

« Je veux de n’importe quelle vie. La honte ça passe quand la vie est longue »

Un groupe de résistants est arrêté suite à une opération de libération d’un village dans la Drôme. Ils sont retenus dans une salle d’une école désaffectée et réquisitionnée par les

Collaborateurs du régime de Vichy. La pièce s’ouvre sur leur conversation.

Par bribes, dans une écriture efficace et directe, on fait connaissance avec les personnages, au milieu de leurs craintes, ils savent qu’ils vont passer à « la question » d’une minute à l’autre, et se demandent à leur manière, si ils vont tenir face à la barbarie de ce procédé.

Chacun se révèle d’une identité différente, dans la peur qui monte.

Tous n’ont pas vécu la torture dans leur passé de résistant, certain fantasment la chose, et lui font prendre des proportions déformées, qui ne sont pourtant pas si éloignées de l’horreur du châtiment.

On s’aperçoit que chacun est résistant à sa manière, que les convictions et les courages qui ont amené ces militants à se battre puisent leurs racines dans des terreaux distincts.

Les tortionnaires sont aussi des personnages identifiés, ils ont clairement leur tempérament, leur motivation et leur manière d’appréhender leur terrible fonction, celle de torturer.

 
Bar à voix

Un bar anonyme, une caissière habituée, acerbe et aigre, une prostituée en pleine crise poétique, une fêtarde pinson et une étudiante en histoire des Femmes cerclée dans ses concepts se rencontrent. Elles ne se connaissent pas, et se heurtent, chacune dans son stéréotype, croyant le dépasser, le maîtriser, par l’alcool, par ce que représente le bar. Pour l’une c’est un délassement, pour l’autre, un endroit où elle attend des amis qui n’arriveront pas, pour la suivante, un oubli de sa journée de travail harassante, pour la quatrième, son lieu de travail même. Chacune véhicule une manière d’être au bar, qui dissimule bien des questions. Questions sur son rapport à la féminité, à sa liberté de femme, à l’image qu’on a de soi lorsqu’on se trouve ici, seule à boire au milieu des autres. La densité du propos balaie la condition féminine dans le contexte de ce lieu si symbolique qu’est le bar. Entre répliques caustiques et digressions féminines, c’est un masque qui se dissout, ces femmes sont à nu bien vite, un verre à la main.

 

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Mon corps est un champ de bataille

Le recueil mon Corps est un champ de bataille contient une série de confessions percutantes et poignantes sur le rapport des femmes avec leur corps dans la société occidentale. Mis en forme, ces témoignages sont de véritables morceaux de bravoure revendicatifs et souvent même poétiques qui replacent le corps au centre du débat.

L’anorexie, la boulimie, les premières fois avec soi même, avec l’autre, l’homosexualité féminine qui apparaît, le rapport à la puberté, la question du viol, la question de la violence faite à soi même, la réappropriation de son corps après la maladie, le corps qui change par l’âge, tout autant de thèmes abordés par les témoignages, qui mettent en lumière, les violences faites au genre féminin, les violences de la représentation du corps occidental sur les femmes, des adolescentes aux femmes plus âgées.

Le caractère direct, presque rythmique de ces confessions de femmes donne une dimension spectaculaire quasi inhérente à ces textes tribunes, qu’un accompagnement folk jazz à la guitare et au chant appuie et sublime.


 
Douces (Jeune public)

Les fées sont des personnages récurrents dans les récits enfantins, ils le sont tout autant dans les récits populaires adultes, sur un ton moins rassurant la plupart du temps. 

On frissonne à ces récits, à ces mythologies de la matière, à ces légendes rurales. Les lavandières de la nuit, les Groachs et les Vilies ne sont absolument pas des entités réconfortantes ni recommandables.
On découvre des âmes féminines extrêmement sensuelles, souffrantes parfois, vindicatives souvent, assoiffées de liberté et de justice, ou bien de légèreté et de plaisir.
Voici les fées qui peuplent notre projet.
Des entités puissantes, volatiles, aqueuses mais aux formes palpables, à la peau/matière, translucide ou de velours, ces fées qui se rencontrent, récréent leur propre mythologie.
Quatre actrices incarnent le passage de femme à fée, jouent la condition féérique, mue de la vie à la fée. Après cette mue de la femme à la fée, que reste t-il ? Et pourquoi ?
Ces fées qui mettent en voix leur rencontre avec les humains, leurs amours, leurs déboires, leurs vengeances, leurs moqueries sur le genre humain, leur distance, leur révolte.
Une assemblée de fées qui se heurtent, se comparent, s’unissent ou se confrontent. Un texte contemporain composé d’après de recherches approfondies sur les mythologies de la matière sert ces multiples entités qui font mue d’une fée à l’autre, troublant les espaces et le temps, troublant aussi les matières. Les fées des eaux douces ne sont pas celles des eaux salées, qui sont bien loin des fées des airs ou des forêts et des roches.

 

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En souffles

Textes issus de la revue Souffles parue au Maroc sous la direction d’Abdellatif Laâbi dans les années 60. Souffles était une revue littéraire poétique audacieuse qui prenait énormément de risque à paraître, et reçut bien vite des textes de poésie libre provenant de tout le Maghreb. Entendre la voix de ces poètes dans les temps qui nous entourent est incontournable, tant l’expression poétique arabe sait donner corps aux sentiments organiques et aux pulsations ensablées de la révolte du peuple. La poésie est un acte. L’acte de dire, de prononcer d’abord, et de mettre en image ensuite. La poésie est un acte audacieux et rebelle. C’est une parole insinuée dans l’air, qu’on peut prononcer comme un chant, c’est une parole qui prend la force des rêves pour en tisser des étendards de beauté. La poésie est brandie, dans l’air, dans le Souffle. La passerelle que la Compagnie tend entre ces trentaines d’années et les nôtres, nous lient à ces périodes et nous font résonner.


 
Passage

Dix huit clandestins mexicains sont retrouvés morts, asphyxiés dans un wagon de marchandise à la frontière des USA. Seul un a survécu, grâce à un petit orifice creusé dans la paroi, laissant passer l’air. La pièce est construite comme une tragédie antique en un acte, dont les scènes sont indépendantes les unes des autres, offrant des pièces de puzzle éparses d’un fait divers que le lecteur peut à souhait décomposer et recomposer, comme une rumeur qui se délite et se reforme dans la bouche des sociétés. Le fait divers se relaie, et se déforme, il devient mythe.

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Ouest (Tout public et scolaires)

Ce récit est une succession d’instants, qui recréent tout un contexte bouleversant de vies. La vie est suspendue à un fil, et elle se vit tout de même, avec ses anecdotes drôles ou cruelles, c’est selon. Nous montrons des personnages humains (il y a deux acteurs en scène) au milieu d’un cadre mis en œuvre pour dresser des êtres contre d’autres êtres, un cadre mis en œuvre pour tuer : la guerre. Nous voulons donner un visage à ce cadre grâce à ce récit. Dans cette guerre, il y a de la camaraderie, de l’amour, des instants. Nous voulons montrer les instants. Nous voulons faire palpiter l’histoire à notre manière, en bannissant la stigmatisation de la thématique guerrière. Ce spectacle met l’individu au centre de la guerre comme une présence de sève au milieu des machines.

 

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OUEST1

 
Abolition

Adaptation à la scène de la nouvelle de Victor Hugo « Claude Gueux ». Un robuste ouvrier est poussé au crime par la pauvreté : le crime de vol d’une miche de pain. La prison sera son tombeau : il y vivra plusieurs péripéties qui le pousseront à tuer son contremaître aux ateliers des détenus : ce dernier l’avait torturé psychologiquement et privé de son compagnon de cellule et ami, sans raison aucune. La peine de mort est requise contre cette éponge des décadences d’une société qui ne cherche pas la racine des problèmes avant d’émettre une condamnation. Avec brio, Hugo brandit l’Abolition haut et fort, par des mots si modernes déjà, qu’ils résonnent encore.

 

ABOLITION